Les vestiges de la Mansourah à Tlemcen sont les restes d'une ville-camp fortifiée construite au 13ème siècle par le sultan mérinide Abou Yacoub Youssof.
Histoire et origine
- Création : Établie en 1299 comme camp militaire (al-Mahala al-Mansourah, le "camp victorieux") pour mener le siège de Tlemcen.
- Évolution : Le siège a duré huit ans. Le camp est devenu une véritable cité royale fortifiée.
- Destruction : Après la mort du sultan et le départ temporaire des Mérinides, la ville a été en grande partie abandonnée et détruite.
Ce qu'il reste sur place
- Les remparts : Une immense muraille en pisé de 12 mètres de haut et 1,50 mètre d'épaisseur, autrefois renforcée par 80 tours.
- La grande mosquée : Connue pour son impressionnant minaret partiellement debout et les traces de son vaste plan architectural.
- Les ruines urbaines : Des vestiges de palais et de résidences royales enfouis ou réduits à l'état de fondations.
Une cite royale de 100 hectares
La forteresse de la Mansourah (ou El Mahala El Mansourah, « le Camp Victorieux ») n’était pas un simple château fort, mais une gigantesque cité royale fortifiée de 100 hectares. Construite pour asphyxier la ville voisine de Tlemcen, elle témoigne de la démesure et de la puissance de la dynastie mérinide. Les 100 ha représente environ 140 terrains de football réglementaires mis côte à côte. C'était plus grand que de nombreuses villes européennes fortifiées de la même époque (par exemple, la célèbre cité de Carcassonne en France ne fait que 11 hectares dans ses remparts).
Les Remparts : une muraille colossale
L'élément le plus impressionnant qui subsiste aujourd'hui (principalement sur les flancs nord et ouest) est son enceinte fortifiée :
- Les dimensions : Le mur d'enceinte formait un grand trapèze s'étirant sur près de 4 kilomètres de long.
- La structure : Hauts de 12 mètres et épais de 1,50 mètre, les remparts ont été entièrement bâtis en pisé (terre battue coffrée), ce qui leur donne aujourd'hui cette patine ocre si chaleureuse au soleil.
- La défense : Pour surveiller les environs, la muraille était jalonnée de 80 tours bastions carrées et l’on comptait pas moins de 13 portes fortifiées pour contrôler les accès de la ville.
Une véritable ville dans la forteresse
Ce qui avait commencé comme un simple blocus militaire en 1299 est devenu une capitale éphémère rivale de Tlemcen :
- Infrastructures urbaines : Le sultan y fit construire des palais royaux, des bains publics (hammams), des caravansérails pour les marchands et même un hôpital.
- L'essor économique : Pendant le siège qui dura huit ans, tout le commerce régional s'est détourné vers Mansourah, transformant le camp militaire en un hub marchand très prospère.
Il reste environ 50 % des remparts d'origine qui sont encore visibles et debout.
Sur les 4 kilomètres de l'enceinte trapézoïdale primitive, la conservation du site se divise en deux parties :
- Les faces Nord et Ouest (Conservées - ~50 %) : Ce sont les sections les plus spectaculaires. Les pans de murs en pisé de 12 mètres de haut y sont encore bien visibles, ponctués par les restes de leurs tours de garde carrées.
- Les faces Est et Sud (Disparues - ~50 %) : Ces portions ont presque entièrement disparu. Elles ont d'abord été démantelées par les Zianides après les sièges, puis l'expansion urbaine moderne de la commune de Mansourah et la construction des routes ont fini par recouvrir leurs fondations.
L'autre vestige majeur préservé à l'intérieur de ce périmètre est la façade avant du minaret de la mosquée, coupée en deux dans le sens de la hauteur mais qui culmine toujours à près de 40 mètres.
Le Minaret-Forteresse de la Mosquée
- Les faces Nord et Ouest (Conservées - ~50 %) : Ce sont les sections les plus spectaculaires. Les pans de murs en pisé de 12 mètres de haut y sont encore bien visibles, ponctués par les restes de leurs tours de garde carrées.
- Les faces Est et Sud (Disparues - ~50 %) : Ces portions ont presque entièrement disparu. Elles ont d'abord été démantelées par les Zianides après les sièges, puis l'expansion urbaine moderne de la commune de Mansourah et la construction des routes ont fini par recouvrir leurs fondations.
Le monument emblématique du site est le minaret de la grande mosquée, qui s'élève encore fièrement à près de 40 mètres de hauteur. Sa face avant est particulièrement bien conservée. Son porche monumental en pierre sculptée, orné de motifs géométriques et de stucs ciselés typiques de l'art hispano-mauresque, servait d'entrée principale tout en symbolisant la grandeur spirituelle et militaire du royaume.
Les 2 Sièges de Tlemcen
L’histoire des deux grands sièges de Tlemcen résume la féroce rivalité fratricide entre la dynastie des Zianides (qui défendaient leur capitale, Tlemcen) et celle des Mérinides.
Le Premier Siège (1299 – 1307) : La résistance héroïque
Le sultan mérinide Abou Yacoub Youssof décide d'asphyxier définitivement Tlemcen. Ne parvenant pas à forcer les portes de la ville, il choisit la stratégie de l'usure.
- L'installation : Pour installer durablement son armée, il bâtit une véritable ville fortifiée juste à côté : Mansourah.
- La situation : Le siège dure 8 longues années. À l'intérieur de Tlemcen, la population subit une famine effroyable mais refuse de capituler, faisant preuve d'une ténacité entrée dans l'histoire.
- Le dénouement : En 1307, alors que Tlemcen est à bout de forces, le sultan mérinide est assassiné dans son palais à Mansourah. Privés de leur chef, les Mérinides lèvent immédiatement le siège et se retirent. Libérés, les Tlemcéniens détruisent une grande partie de la cité rivale de Mansourah.
Le Second Siège (1335 – 1337) :
Près de trente ans plus tard, un nouveau sultan mérinide, Abou al-Hassan (dit le "Sultan Noir"), revient à la charge.
- L'installation : Les Mérinides se réinstallent dans les ruines de Mansourah, qu'ils reconstruisent et agrandissent.
- La situation : Ce siège dure 2 ans. Contrairement au premier blocus purement passif, les assauts militaires sont ici beaucoup plus violents et directs.
- Le dénouement : En 1337, les défenses de Tlemcen cèdent. La ville est prise d'assaut, le sultan zianide de l'époque (Abû Tâshfîn) et ses fils meurent les armes à la main lors des combats.
Revonquete par les Zianides
La reconquête de Tlemcen par les Zianides après l'occupation mérinide du second siège s'est faite en 1348, grâce à une insurrection populaire et à l'action de deux princes zianides survivants : Abou Saïd Uthman II et son frère Abou Thabit. [
Déroulé ce retournement de situation :
1. Le désastre mérinide à Kairouan (Le déclencheur)
Après Tlemcen en 1337, le sultan mérinide Abou al-Hassan poursuit sa route vers l'est et s'empare de Tunis. Cependant, en 1348, ses armées subissent une défaite catastrophique face aux tribus arabes à Kairouan (en Tunisie actuelle).
Le pouvoir mérinide vacille, le sultan est affaibi, et la rumeur de sa mort commence à circuler dans tout le Maghreb.
Le pouvoir mérinide vacille, le sultan est affaibi, et la rumeur de sa mort commence à circuler dans tout le Maghreb.
2. L'insurrection de Tlemcen
Apprenant la faiblesse des mérinides, la population de Tlemcen se soulève en masse. Les princes zianides Abou Saïd Uthman II et Abou Thabit en profitent pour rentrer triomphalement dans la ville.
Ils chassent la garnison mérinide et restaurent la dynastie zianide sur le trône.
Ils chassent la garnison mérinide et restaurent la dynastie zianide sur le trône.
3. Victoire definitive des Zianides
Cette reprise de pouvoir ne marque pas la fin des conflits.
4. Abou Hammou Moussa II, le grand restaurateur de Tlemcen.
Les Mérinides tenteront plusieurs fois de récupérer la ville :- En 1352 : Le fils d'Abou al-Hassan (Abou Inan Faris) revient avec une immense armée, bat les Zianides à la plaine de l'Angad et réoccupe Tlemcen.
- La libération définitive : Ce n'est qu'en 1359 que le prince zianide Abou Hammou Moussa II parvient à chasser définitivement les Mérinides. Il reconstruit la ville, restaure les institutions, et ouvre la période de l'âge d'or culturel et artistique de la Perle des Zianides.
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